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Revue de la Littérature

29 sep 2020

Syndrome des ovaires poykystiques (SOPK) : vers un consensus diagnostique

Bertrand CHEVALLIER, Service de pédiatrie-Urgences adolescents, Hôpital Ambroise-Paré (AP-HP), Boulogne-Billancourt, Université Paris-Saclay
ovaires poykystiques

L'objectif de cette mise au point est de fournir une perspective sur les accords et les désaccords entre les recommandations internationales et de formuler des suggestions de pratique qui correspondent à ces recommandations.

Tous les documents s’accordent sur les critères diagnostiques de base du SOPK chez les adolescentes : preuves par ailleurs inexpliquées de dysfonctionnement ovulatoire, comme indiqué par des anomalies menstruelles traduisant un excès d’androgènes. Tous conviennent que la morphologie des ovaires polykystiques ne peut pas être utilisée comme critère de diagnostic du SOPK chez les adolescents dont la morphologie ovarienne pourrait normalement être similaire jusqu’à 8 ans après les premières règles. Aucune ligne directrice n’accepte l’obésité et la résistance à l’insuline comme critères. Le diagnostic est généralement évoqué devant une combinaison inexpliquée de troubles du cycle menstruel, témoin d’un dysfonctionnement ovulatoire, pendant 1 à 2 ans, une preuve clinique (acné, hirsutisme) et/ou biochimique de l’hyperandrogénie (élévation de la testostérone totale). Les anomalies menstruelles comprennent l’aménorrhée primaire et secondaire, l’oligoménorrhée et les saignements utérins « dysfonctionnels » (excessifs). Les directives de 2018 sur le SOPK chez les adolescents vont jusqu’à définir les cycles menstruels irréguliers comme étant normaux au cours de la première année après la ménarche. Ils indiquent que les règles « à 90 jours d’intervalle même pour un cycle » et les règles à plus de 45 jours d’intervalle, quelle que soit l’année postménarche, pourraient justifier une évaluation. Ils conviennent que les filles soupçonnées d’avoir un SOPK dans les 1 à 2 premières années suivant les premières règles doivent être évaluées à ce moment- là. Si les tests sont compatibles avec le SOPK, la patiente peut être suivie avec un diagnostic provisoire « à risque de SOPK ». Les sociétés savantes recommandent la démonstration de l’hyperandrogénémie chez les jeunes filles présentant tous les degrés d’hirsutisme. En effet, l’hirsutisme et l’acné sont des manifestations d’hyperandrogénie exprimées de manière variable : ainsi, il n’y a pas de base endocrinienne pour l’hirsutisme dans une minorité substantielle (environ la moitié des femmes présentant un hirsutisme léger, un tiers au total) ; à l’inverse, l’hyperandrogénémie existe souvent sans hirsutisme ni acné. Bien que l’acné comédonienne sévère soit courante chez les adolescentes précoces, l’acné inflammatoire modérée à sévère survient chez moins de 5 % d’entre elles, la preuve biologique semblant là aussi indispensable. Quels sont donc les points pratiques à retenir pour le clinicien confronté à une adolescente dans les 1 à 2 ans suivant la ménarche qui présente une anomalie menstruelle, un hirsutisme et/ou une acné résistante aux traitements topiques ? Après avoir vérifié l’absence de grossesse, si l’aménorrhée persiste au-delà de 90 jours ou si deux périodes successives sont espacées de plus de 2 mois, une biologie est souhaitable (LH,FSH, NFS, VS). La mesure de la testostérone totale et/ou libre à l’aide d’un test spécialisé serait indiquée si le trouble menstruel est persistant ou nécessite un traitement rapide, comme pour les saignements abondants ; si l’anomalie menstruelle coexiste avec l’hirsutisme, l’acné modérée à sévère résistante aux traitements topiques ; l’obésité/Acanthosis nigricans ou la preuve d’une virilisation franche. Le SOPK représente une grande proportion de tous les hyperandrogènes chez les adolescentes. Il s’agit d’un diagnostic d’exclusion pour lequel la référence à un spécialiste est souhaitable. L’hyperplasie surrénalienne congénitale non classique, l’hyperprolactinémie, le syndrome de Cushing endogène, le dysfonctionnement thyroïdien et la tumeur virilisante doivent être exclus pour poser le diagnostic avec une grande certitude. • Rosenfield RLJ. Perspectives on the International Recommendations for the Diagnosis and Treatment of Polycystic Ovary Syndrome in Adolescence. Pediatr Adolesc Gynecol 2020 ; S1083-3188(20) : 30254-60.

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