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Pédiatrie générale

05 juin 2011

Accidents de la vie courante chez l’enfant : une priorité de santé publique

Pr JJ Baudon
Les accidents de la vie courante (AcVC) surviennent au domicile, durant les activités de loisir ou à l’école. B. Chevallier a insisté sur le fait que ces accidents représentent une cause majeure de mortalité et séquelles. 
Or, malgré l’intérêt que cette question suscite (13 000 publications sur le site PubMed entre 1981 et 2011), les résultats des stratégies de prévention sont insuffisants. Le nombre de cas a baissé, mais il stagne depuis 1990 dans la plupart des pays. En France, les AcVC sont responsables de 270 décès/an chez l’enfant. Avant 1 an, les premières causes sont les suffocations, entre 1 et 4 ans, les noyades et, chez l’enfant plus âgé, les sports et les loisirs. Les stratégies de prévention reposent sur la mise en place de règlements et la labellisation de certains produits : port obligatoire de la ceinture de sécurité, blisters pour les médicaments, contrôle de la température pour l’eau chaude, barrières pour les piscines… Mais ces mesures ne seront efficaces que si le public est éduqué. Les stratégies de prévention s’adressant aux familles constituent un processus long qui n’atteint pas les plus vulnérables. Doivent également être ciblés les PMI, les responsables sportifs, les enseignants, les responsables politiques locaux. La combinaison de plusieurs stratégies préventives est nécessaire. Les lobbys et les délais administratifs représentent les principaux freins en la matière. M. Sznajder a insisté sur la difficulté d’évaluer les AcVC sur le plan socio-économique. Les coûts directs sont les plus faciles à établir. Les coûts indirects doivent tenir compte de la perte de productivité des parents et des enfants, de la diminution de qualité de vie (estimée grâce à des échelles de type QALY) et en tenant compte des séquelles (qui touchent près de 10 % des enfants à différents degrés). Le coût direct des accidents représenterait de 0,3 à 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) et les coûts totaux de 1 à 2 % du PIB. L’évaluation est plus facile en classant les AcVC par groupe, traumatismes crâniens graves ou brûlures, par exemple. Les stratégies de prévention sont capitales. Ainsi, aux USA, il a été calculé que 11 consultations de prévention permettaient d’économiser 13 $ pour 1 dollar dépensé. J. Lavaud affirme que le médecin doit s’impliquer aussi dans la prévention en alertant rapidement les autorités administratives. Les conséquences peuvent être le rappel d’un produit défectueux, le retrait du marché d’un produit dangereux par arrêté ministériel, la mise en place de commissions de normalisation (AFNOR), ou d’enquêtes. Les échecs actuels concernent la prévention des défenestrations, ou encore, les chutes liées aux trotteurs pour bébés. H. Dubreuil, président du Tribunal Administratif de Marseille, a rappelé les différents types de juridictions compétentes dans ce domaine. Le tribunal administratif est compétent pour juger des fautes impliquant la fonction publique ou les élus. La faute peut être simple ou lourde. Une faute d’un agent de la fonction publique peut impliquer sa responsabilité personnelle et conduire à une juridiction pénale.

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