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Comportement

Publié le 25 mai 2024Lecture 13 min

Éducation positive : le juste milieu

Jérôme VALLETEAU DE MOULLIAC, Paris

Des parents désemparés devant les colères de leurs enfants, des voyageurs importunés par des garnements turbulents et irrespectueux, des familles perturbées par des caprices à répétition, etc. Ces situations qui semblent de plus en plus fréquentes sont-elles le résultat de l’éducation positive ? Jérôme Valleteau de Moulliac fait ici le tri entre le bon grain et l’ivraie.

Les fondements neurologiques de l'éducation positive au regard de l'éducation traditionnelle.   Nous observons de plus en plus dans nos cabinets, et ce depuis de nombreuses années, une modification très nette du comportement des nourrissons (surtout après 1 an) et des enfants qui deviennent difficiles, inexaminables, opposants et capricieux. Mais aussi l’attitude des parents incapables de s’imposer, de décider, de se faire obéir, ne serait-ce que pour le déshabillage, la mesure de la taille ou du poids : ils tentent de raisonner sans conviction (ni résultats) ou d’apaiser la crise qui en découle à l’aide souvent du portable. Les voyages en train ou en avion quand il y a un certain nombre de petits enfants non ou peu cadrés peuvent devenir une véritable épreuve, voire un cauchemar. Les parents se plaignent par ailleurs de difficultés d’alimentation, d’endormissement, de troubles du sommeil, de refus d’obéissance alors que souvent tout se passe très bien à la crèche, à l’école, avec les « nounous » ou chez les grands-parents. Ils évoquent alors l’« intolérance à la frustration », le manque de respect. Mais sont aussi capables de décrire leurs enfants comme étant comédiens, capricieux, difficiles, ingérables, tyranniques et insupportables. On parle alors facilement d’enfants « mal élevés », « nourris mais non éduqués », bref d’enfant « roi ». Est-ce lié à une mauvaise interprétation de l’éducation positive ou bienveillante, à une incapacité d’exercer l’autorité ou les deux ? Voici donc le point de vue d’un pédiatre de « terrain » dont l’exercice est déjà ancien…   Élever et éduquer   Le mot « élever » est pour certains péjoratif : il conviendrait aux animaux ou au dressage, et affiche une conception ancienne consistant à modeler l’enfant afin de le plier aux exigences de la société adulte ! N’oublions pas cependant qu’élever, c’est aussi bâtir et construire. Éduquer (du latin ex ducere : tirer de, faire jaillir de) exprime un plus grand respect de l’enfant, être humain à part entière doté de capacités propres, auquel on se doit d’apporter des nourritures psychiques, culturelles, sociales qui lui permettent de se développer. Cela implique certes les parents, la famille, mais aussi l’école (« éducation » nationale) et la société. Au-delà des mots, élever, éduquer c’est : • tirer l’enfant vers le haut ; • lui donner toutes les chances en fonction de son environnement et de ses compétences de pouvoir, adulte, voler de ses propres ailes ; • le préparer à une vie familiale et sociale harmonieuse, à devenir un adulte bien intégré, bien dans sa tête et son corps, capable d’affronter les défis de la vie. C’est certes une mission majeure de la parentalité mais c’est une tâche difficile, délicate et ambitieuse à laquelle pourrait (devrait ?) contribuer aussi le médecin de l’enfant, l’école et les institutions.   Éduquer : mais comment ? Depuis plusieurs années et surtout depuis les années 1970 se développe un rejet des méthodes éducatives traditionnelles, autoritaires et répressives qui avaient cours auparavant et qui comme le dit Boris Cyrulnik étaient érigées à tous les niveaux en « vraies valeurs ». Ce courant initié peut-être par Maria Montessori, qui était très empreinte du respect de l’enfant, a été théorisé par de nombreux auteurs anglo-saxons(1) entre les années 1950 et 1970, tous partisans d’une vision humaniste certes, mais sans validation scientifique. Puis en 2000, le président de l’association américaine de psychologie, Martin Seligman, a introduit la notion de psychologie positive : « épanouissement des individus, de leur bien-être, du développement de leurs compétences psychologiques », dont l’éducation positive n’en est que l’application à l’éducation. Ainsi, depuis les années 1950 en France, plus de 150 expertises psychologiques dans ce sens ont été réalisées mais sans véritables synthèses destinées au grand public. Parallèlement, la neuroscience et les recherches appliquées au développement du cerveau de l’enfant ont apporté une caution scientifique à ce courant de pensée. Catherine Gueguen(2) insiste sur le rôle néfaste des hormones secrétées par le stress (cortisol et adrénaline) pour le développement et la maturité de certaines zones fondamentales du cerveau de l’enfant, surtout avant 5 ans : le cortex préfrontal (zone orbitofrontale) impliqué dans la concentration, la décision et l’empathie ; l’amygdale cérébrale (système limbique), siège de la régulation des émotions ; et l’hippocampe dévolu à la mémorisation et à l’apprentissage. Ainsi de nombreuses recherches scientifiques montrent que la violence éducative « ordinaire » entraînerait une diminution du volume du cortex orbitofrontal et de l’hippocampe. Parallèlement, d’autres études montrent que lorsqu’un parent adopte une attitude chaleureuse et soutenante avec son enfant (génératrice de sécrétion d’ocytocine), le volume du cortex orbitofrontal et celui de l’hippocampe augmentent. L’enfant apprendrait mieux, gérerait mieux ses émotions : il peut alors développer un bien-être durable(3). L’éducation positive (parce que constructive ?) ou mieux bienveillante est donc pour beaucoup interprétée comme un rejet de l’éducation traditionnelle, autoritaire et répressive faite d’injonctions et de punitions, totalement inefficace et potentiellement délétère pour le bien-être de l’enfant. Ainsi depuis les années 1970 sont prônés, certes avec raison, pour un développement psychomoteur harmonieux de l’enfant : – les bienfaits du renforcement positif : encouragement et félicitations, pour favoriser l’estime de soi ; – l’importance de l’amour, de la bienveillance, de la communication non violente pour réduire le stress et l’anxiété de l’enfant et développer ses compétences sociales ; – la dénonciation de la « maltraitance ». Cependant, ce type d’éducation conduit à des interprétations discutables (et discutées), entre autres : – les enfants ne seraient ni agressifs ni coléreux mais exprimeraient des « tempêtes émotionnelles » (I. Filiozat), auxquelles il faudrait répondre sans aucune remontrance mais par des preuves d’amour ; – les caprices seraient un besoin incompris, les bêtises une expérience ; – « Un enfant sage ne serait plus un enfant, l’enfant tyran ne serait que le produit du pouvoir abusif des parents » (C. Gueguen). Ainsi l’éducation positive ou bienveillante qui a investi la parentalité est souvent interprétée à tort comme « il est interdit d’interdire ». Les sanctions, les limites sont inenvisageables car génératrices de violence et de stress, et relèveraient de la « maltraitance émotionnelle » ; et, comme le dénonce Caroline Goldman, fait la fortune des coachs, influenceurs, réseaux sociaux, vendeurs de livres, s’adressant à un public de parents réceptifs et désirant particulièrement bien faire.   Éducation positive : leurre ? Incompréhension ? Mauvaise interprétation ? Les conséquences d’une interprétation trop permissive, inadaptée ou abusive de cette « nouvelle éducation » ne seraient-elles pas responsables de ces modifications de comportement, évoquées dans l’introduction, que nous constatons si souvent ? Le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 a été pour beaucoup de parents un véritable révélateur. Comment assurer le télétravail, le télé-enseignement, dans des habitations exiguës avec des enfants incapables de respecter des règles de vie sociale élémentaires ? N’y a-t-il pas un abus ou du moins une mauvaise interprétation des neurosciences en généralisant les effets pervers du stress chronique lié à la maltraitance, les violences physiques et/ou verbales, les humiliations répétées, les négligences physiques et/ou émotionnelles dont on connaît les conséquences (les dégâts) sur le développement cognitif et neuropsychique, perturbant gravement le comportement social adulte (mais études réalisées sur des enfants victimes de graves maltraitances parentales) à un stress aigu (comme une réprimande ou une sanction émaillant une vie quotidienne « ordinaire »), ponctuel, a priori dénué de risque. « Le stress c’est comme le chocolat ou les chips, bénéfique à petites doses et nocif en excès » (M. Chetrit)(4). Bien évidemment les enfants ont des « pulsions », il faut alors apprendre à les diriger et à les canaliser. Telle qu’elle est perçue, l’éducation positive/bienveillante ne serait-elle pas culpabilisante pour les parents qui peuvent craindre de ne pas savoir élever leurs enfants ? Le laxisme ne pourrait-il pas induire des troubles des conduites sociales à long terme ? Les consultations des psychologues et pédopsychiatres ne sont-elles pas de plus en plus dédiées au rétablissement de règles, de l’autorité parentale ? Même Françoise Dolto, à qui on ne peut reprocher d’avoir épousé la cause des enfants jusqu’à l’accuser d’être à l’origine de « l’enfant roi », disait certes « éduquer, c’est rendre autonome. Laissons l’enfant aussi libre que possible, sans lui imposer des règles sans intérêt. » Mais elle n’a jamais dit qu’il fallait renoncer à l’autorité. Elle s’appuyait sur la loi, le cadre, les repères, en fustigeant la jouissance immédiate pour valoriser les efforts et la contrainte dans la communication parent-enfant afin de leur permettre de s’élever. Elle a fermé la voie du dressage et ouvert celle de l’éducation, elle n’a jamais ouvert la voie de la permissivité. Pour elle, l’enfant est « un être en construction, mais qui ne peut pas se développer correctement sans l’éducation des adultes, donc sans leur autorité ». La parentalité positive renvoie à un comportement parental qui respecte l’intérêt supérieur de l’enfant et ses droits », comme l’énonce la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant qui prend aussi en compte les besoins et les ressources des parents. « Les parents qui agissent ainsi veillent au bienêtre de l’enfant, favorisent son autonomie, le guident et le reconnaissent comme un individu à part entière. La parentalité positive n’est pas une parentalité permissive : elle fixe les limites dont l’enfant a besoin, de manière à l’aider à s’épanouir pleinement. La parentalité positive respecte les droits de l’enfant et favorise l’éducation dans un milieu non violent » (Conseil de l’Europe, 2008). Comme le publie dans son communiqué de presse du 31 janvier 2017 la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (CNAPE), « l’éducation sans violence n’est pas laxiste, ce n’est pas laisser faire l’enfant roi qui aurait tous les droits. Bien au contraire. Elle est exigeante, demande patience, dialogue, explications en permanence. C’est a ce prix que les enfants d’aujourd’hui, élevés avec soin et dans la dignité, seront les adultes de demain respectueux, pacifiques et empathiques ». Ainsi, si personne ne peut contester les bénéfices des démonstrations d’amour auprès des enfants dès leur naissance : • Mais est-ce incompatible avec des règles, des limites dont ils ont aussi besoin, et ce dès l’âge de 1 an ? « Il est acquis qu’un enfant privé de limites est un enfant malheureux qui rend son entourage malheureux » (B. Cyrulnik). • L’apprentissage de la frustration n’est pas un déni d’amour mais un besoin vital pour la vie sociale (bienséance, prise en compte et respect des autres). • Les enfants recherchent les limites, ils les provoquent pour les recevoir. Ils testent jusqu’à entendre le « non » qu’ils peuvent comprendre dès 1 an. L’amour seul ne peut les fixer. • Cela nécessite des contraintes éducatives adaptées, proportionnées, réalisables, une forme d’autorité sereine et empathique : encadrer ce n’est pas museler, c’est rassurer. C’est créer la confiance. • Les parents doivent intégrer que les enfants savent qu’ils les aiment et qu’ils font bien la différence entre une remontrance, une sanction et une maltraitance.   Parents et mal d’autorité   On peut aussi s’interroger sur les raisons d’une perte réelle de l’autorité parentale : pourquoi les parents n’osent plus, n’arrivent plus ou ne peuvent plus imposer des règles ? • Ont-ils peur de mal faire, d’être à contre-courant, d’être jugés ? • Ont-ils peur de s’imposer par la crainte de ne pas être aimés de leurs enfants ? • Sont-ils déboussolés, en manque de valeurs, de repères générationnels, familiaux ou culturels ? Ils trouvent alors leurs références sur internet, les réseaux sociaux, les coachs ou les livres qui abondent ce sujet. • Trouvent-ils trop facilement des excuses : il est HPI, TDA/H, dys, etc., intolérant à la frustration ? • Sont-ils des parents « interrogeants » laissant le choix à leur enfant d’une réponse par oui ou non plutôt qu’un ordre ? Ce n’est pas la même chose de dire « Veux-tu bien t’habiller ou déjeuner ? » que « Habille-toi » ou « À table ». • Sont-ils trop absorbés par leurs activités professionnelles ou autres (transport), « fatigués » et ainsi peu enclins à manifester de l’autorité, à rentrer dans des conflits devant le peu de temps qu’ils peuvent consacrer à leurs enfants ? • Peut-être sont-ils démissionnaires, laxistes, peu motivés, égoïstes et parfois eux-mêmes en difficulté ? • Sont-ils des parents « rois », directement issus de l’enfant « roi » qu’ils ont été petits et rebelles à toute contrainte ? • Sans oublier les parents seuls, isolés, séparés, les familles décomposées, recomposées, etc. • Et les parents… en mal d’être parents. • Que dire enfin des manquements d’autorité dans la sphère publique et scolaire ? Mais c’est un autre débat… Quoiqu’il en soit, le parent (ou le couple parental) est ainsi facilement accusé par l’environnement (grands-parents, beaux-parents, famille, enseignants, amis mais aussi parfois médecins et psychologues) d’être le « coupable idéal » de l’absence de limites, de règles données à leur enfant, bref de l’avoir « mal élevé » : c’est la double peine.   Être parent : défi difficile et délicat   • Il est normal que les parents désireux de bien faire se posent des questions : les parents parfaits (comme les enfants parfaits) n’existent pas et ne peuvent se fabriquer, ce serait de la folie. • Ils doivent apprendre aussi à se remettre en question car ils ont le droit de commettre des erreurs, de se fier à leur bon sens, à leur propre histoire. • Être parent, c’est tâtonner et expérimenter. L’éducation n’est pas une science exacte, et heureusement. • Certes les connaissances scientifiques, et en particulier les neurosciences, sont des apports utiles mais cela ne doit et ne peut fixer une norme éducative. • Et puis tous les enfants sont différents (même au sein de la famille) : il n’y a pas de mode d’emploi ni de recettes simplistes. • Et il faut prendre en compte l’empreinte de l’environnement culturel, social et familial dans la transmission des valeurs. • Mais ils sont souvent tiraillés entre : trop ou pas assez ? Quelle attitude adopter devant tel ou tel comportement ? • Comment trouver l’équilibre, où placer le curseur entre le retour à l’autorité, la nécessité de fixer des limites et d’imposer des frustrations, et le respect des principes positifs de la bienveillance ? • « L’éducation est un art difficile et délicat, fait d’un peu de science et d’expérience, de beaucoup de bon sens et surtout de beaucoup d’amour (et de respect mutuel) qui nécessite douceur et fermeté, patience et décision », écrivait Gabriel Courtois en 1951 dans un ouvrage au demeurant très actuel, L’art d’élever les enfants d’aujourd’hui(5). • Le ministère de l’Éducation allemand préfère le terme d’éducation solide et recommande ainsi aux parents, 8 consignes(6) : éduquer c’est… – beaucoup d’amour ; – accepter le conflit ; – savoir écouter ; – mettre des limites ; – amener à l’autonomie ; – montrer ses sentiments ; – prendre le temps ; – encourager. L’important n’est-il pas finalement que les familles soient fonctionnelles et heureuses pour réussir l’éducation de nos enfants ?   La place du médecin   Les parents nous parlent souvent et facilement de leurs difficultés éducatives et attendent des conseils. Mais il nous faut aussi savoir repérer les parents en mal d’autorité pour les aider à prévenir des problèmes à venir. • Quelques mots ou phrases utiles pour les conseiller ou rassurer : – « Une des plus grandes preuves d’amour que l'on puisse donner à un enfant, c’est savoir lui dire non » ; – « Il n’y a pas de comédien sans public » et le meilleur public reste la famille (les parents) ; – « L’autorité sereine », « la force tranquille » (souvenir d’un slogan de campagne présidentielle) pour illustrer que l’on peut et doit être ferme sans crier ni s’énerver. Sinon on perd la face ; – qui aime bien réprimande (et non plus châtie) bien, si nécessaire mais de manière proportionnée et adaptée ; – il faut toujours tenir ses promesses (récompenses et/ou sanctions), ne jamais tromper l’enfant, ne pas lui mentir : cela ne peut qu’engendrer perte de confiance et donc d’autorité ; – éduquer, ce n’est pas facile sur le court terme mais ça paie à long terme. Les parents doivent suivre la même ligne ensemble et dans la durée. Il leur faut tenir le cap et le but fixé ensemble. Et savoir que les enfants sont rassurés par une autorité paisible et confiante qui ne peut aliéner leur amour. Alors, oui à l’éducation bienveillante mais non laxiste en fixant le plus tôt possible un cadre, des règles, une autorité solide et sereine. Cependant une note « positive » : comme l’a rappelé Mathieu Zannotti(1) lors de la session consacrée à l’éducation positive aux Rencontres de Pédiatrie Pratique 2024 : « Heureusement, et loin s’en faut, tous les parents ne sont pas en déshérence face à l’éducation qu’ils désirent donner à leurs enfants. Pour ces parents, éduquer leurs enfants est empreint d’une forme de naturalité dans laquelle l’éducation s’inscrit dans une transmission, appuyée sur un sens critique de ce qu’ils ont eux-mêmes reçu, s’interpellant mutuellement pour créer un brassage nouveau à la croisée de leurs héritages respectifs ». Ces jeunes parents doivent être soutenus, rassurés, aidés, valorisés dans leur besoin légitime et « normal » de suivre leur intuition imprégnée de leur héritage respectif, d’un savoir implicite, de leur expérience d’enfants (qu’ils ont été), sans besoin d’école de parentalité. C’est là aussi le rôle du médecin d’enfant, des pédiatres que nous sommes.

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