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Dermatologie

25 jan 2011

Quoi de neuf en pédiatrie dermatologique ?

Dr Marie-Line Barbet

Et bien pas mal de choses ! Et il suffisait pour s’en convaincre de parcourir les allées bordant les présentations de Posters de ces JDP.

 
L’équipe d’anatomopathologistes de Necker signale ainsi une quatrième observation de plaque prétibiale lymphoplasmocytaire bénigne observée chez une enfant de 5,5 ans. L’aspect clinique est celui d’une plaque érythémateuse infiltrée de 35 x 15 mm, de siège supramalléolaire droite bien limitée, discrètement orangée à la vitropression s’étant stabilisée après une phase de croissance rapide et persistant depuis plusieurs mois. Il n’y avait pas de notion de piqûre d’insecte mais l’aspect de la première biopsie (infiltrat lymphoplasmocytaire intense sans éosinophile avec spongiose et exocytose lymphocytaire dans le derme) avait fait évoquer un infiltrat réactionnel infectieux. L’antibiothérapie prescrite avait été cependant inefficace. Une régression avait été observée sous dermocorticoïdes mais avec récidive à l’arrêt. La deuxième biopsie révélant un infiltrat dense dermohypodermique plus polymorphe avec de petits lymphocytes et quelques plasmocytes, le diagnostic de plaque prétibiale lymphoplasmocytaire de l’enfant (PPLPE) a été posé. Cette présentation est assez stéréotypée et similaire à celle des trois autres cas rapportés. La PPLPE, semble donc être une nouvelle entité, de cause inconnue, chronique et pour laquelle il n’y a pas de traitement reconnu.  Si l’on vous consulte pour la présence de lésions pigmentaires linéaires multiples congénitales sur l’abdomen d’un nourrisson, pas de panique, la chose est rare mais bénigne ! M Sevrain et coll. rapportent en effet le cas d’un nouveau-né, enfant d’un comorien et d’une « caucasienne » vu à 1 mois en bonne santé mais chez lequel l’examen clinique a  retrouvé des lignes pigmentées maculeuses horizontales sus ombilicales indépendantes des plis. Il existait par ailleurs une hyperpigmentation du scrotum, de la linea nigra et périunguéale, physiologique sur peau pigmentée. La grossesse avait été normale et la recherche d’hyperplasie des surrénales était négative. Les lésions pigmentaires ont régressé en quelques mois justifiant le diagnostic de pigmentation linéaire transitoire du nouveau-né. Cette « anomalie » qui s’observe surtout sur peau pigmentée est probablement sous rapportée et son mécanisme est inexpliqué. Plus banale en apparence, l’observation signalée par une équipe de Nantes d’un psoriasis unguéal isolé du 4ème doigt de la main droite chez un  garçon de 10 ans mérite d’être notée à plus d’un titre. Car ici, l’hyperkératose sous unguéale se compliquait d’une pachyonychie importante et d’une inflammation des parties molles péri phalangiennes avec présence aux explorations d’imagerie d’anomalies osseuses (pincement de l’interphalangienne distale IPD et synovite) aboutissant au diagnostic d’onycho pachydermo périostite psoriasique (POPP). D’autres atteintes rhumatologiques (enthésites, pincement de l’IPD du 3ème doigt) sont apparues au cours de l’évolution. C’est la deuxième fois que l’on décrit une atteinte unguéale isolée révélatrice d’un rhumatisme psoriasique chez l’enfant. Ce mode de début apparaît comme un facteur pronostic péjoratif avec un risque accru d’atteinte axiale et de persistance à l’âge adulte. Enfin, pour rester dans le domaine de l’onychologie, on peut évoquer aussi les 4 cas d’onychomadèse et d’apparition de ligne de Beau observés chez des  enfants de un à sept ans décrits par l’équipe de Nancy. Ils illustrent à nouveau la possibilité de la survenue d’une atteinte unguéale de ce type dans les suites d’une infection virale et notamment un syndrome pieds-mains-bouche.

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