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Infectiologie

16 juin 2010

Les complications pédiatriques du H1N1

Dr Jack Breuil
Les présentations concernant le H1N1 étaient nombreuses, et montent bien, avec le recul, que la grippe pouvait provoquer quelques dégâts. Petite revue, non exhaustive, des principales complications recensées par les participants.
Rhabdomyolyse G Bossi et coll. ont présenté un cas de rhabdomyolyse chez un petit garçon de 4 ans arrivé aux urgences avec de sérieuses difficultés à la marche et des mollets douloureux ; l’infection virale s’étant déclarée quelques jours plus tôt. La fonction rénale était conservée mais les CPK atteignaient 822 mU/ml, ils devaient même monter à 3 490 mU/ml au deuxième jour de l’admission. Myosite Des cas de myosites ont été plusieurs fois signalés. En exemple un cas survenu chez un garçon de 9 ans admis à l’hôpital en phase de convalescence de son infection respiratoire, avec des myalgies basses et une marche difficile ; Créatine kinase à 13 808, AST/ALT à 333/64 (<35/28 U/l). Le pronostic était bon puisque l’enfant a quitté l’hôpital (portugais) dès le deuxième jour. Encéphalopathie et aphasie Deux cas d’encéphalopathies et aphasies ont été rapportés par M. Douvoyiannis (Grèce). Le premier concernait une jeune fille de 13 ans admise avec des céphalées, une gorge douloureuse, de la fièvre et une toux depuis 3 jours, évoluant vers une désorientation, une confusion et une irritabilité. A l’ECG, il existait des signes francs d’encéphalopathie, et la RMN était normale. Une large batterie de tests a permis d’éliminer les diagnostics différentiels (CMV, HSV etc) ; l’évolution encore une fois était satisfaisante. Le second cas était une aphasie transitoire apparue chez un garçon de 10 ans, qui récupérait rapidement pour sortir dès J3. Guillain Barré Comme les pédiatres l’affirment souvent, le problème du Guillain Barré se pose peut-être plus pour l’infection elle-même que pour la vaccination. A. Vasconcelos et coll., de Lisbonne, évoquent un cas survenu chez une petite fille de 2,5 mois en détresse respiratoire grave nécessitant une assistance, chez qui est apparue après quelques jours une détérioration neurologique progressive avec hypotonie et perte des réflexes tendineux profonds. Au LCR, les protéines étaient à 72 mg/dl et les globules blancs à 2 /mm3 ; les tests de conduction nerveuse ont permis de poser le diagnostic de forme axonale de Guillain Barré. Une trachéotomie a du être réalisée, l’enfant étant encore sous assistance respiratoire la semaine du congrès. Manifestations extra pulmonaire Deux cas de méningo-encéphalite, deux cas myocardite et un syndrome hépato-rénal ont été décrits dans une série barcelonaise présentée par I. Jordan et coll. ; une infection disséminée avec atteinte respiratoire, gastro-intestinale et neurologique avec coagulopathie et anémie micro-angiopathique a été rapportée chez un enfant présentant un trait drépanocytaire et gardé 24 jours en service de soins intensifs pédiatriques ; la RT PCR s’avérait positive dans les prélèvements nasopharyngés, les selles et le LCR de l’enfant. Des complications aussi rares qu’on le soupçonnait, donc, mais potentiellement graves, encore que,dans la plupart des cas,les enfants s’en soient sortis rapidement. Pour l’Anglais M. Fraser, de Leicester, les données actuellement disponibles ne supporteraient d’ailleurs pas l’idée, communément admise, que les enfants de moins de un an infectés par le H1N1 soient un groupe à risque d’hypoxémie réfractaire. Reste comme toujours le problème des malchanceux, ceux qui s’en sortent moins bien que les autres. Une consolation pour eux : si la grippe revient l’année prochaine, ils bénéficieront certainement d’une immunité solide…

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