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Vaccinologie

16 oct 2007

Vaccination : des progrès restent à faire …

Dr Jean-Marc Retbi
Les vaccins représentent la meilleure arme dont nous disposons contre les maladies infectieuses. Mais ils restent sous-utilisés, notamment dans les pays en voie de développement. Une session plénière et trois symposiums ont été consacrés à ce sujet.
  M. Kane a présenté les progrès récents en vaccinologie. Il a insisté, en particulier, sur les derniers vaccins permettant de combattre deux des grandes causes de décès infantiles que sont la diarrhée et la pneumonie : le vaccin contre les rotavirus et celui contre les pneumocoques. Le vaccin antipapillomavirus visant à prévenir le cancer du col utérin était également à l’honneur. La vaccination systématique des enfants des pays pauvres a été freinée dans les années 1990 par des difficultés financières alors que de très bons résultats avaient été obtenus précédemment avec un taux global de couverture vaccinale qui était passé de 5 % en 1975 à 75 % en 1990. Ces taux sont désormais repartis à la hausse notamment grâce à l’action de la Global Alliance for Vaccines and Immunization (GAVI) en faveur des pays du tiers monde. Comme l’a expliqué C. Burgess (Suisse), l’Alliance GAVI est un partenariat de santé « public-privé », destiné à améliorer l’accès à la vaccination des enfants des pays pauvres. Le Fonds GAVI, qui lui est couplé, fournit les systèmes de santé en vaccins nouveaux/sous-utilisés et en seringues à usage unique, et finance les programmes nationaux de vaccination. Entre 2000 et 2005, 13 millions d’enfants supplémentaires ont ainsi bénéficié du DTCoq (≥ 3 doses), 90 millions, du vaccin contre le VHB, et plusieurs millions, du vaccin Haemophilus influenzae de type b (Hib) et du vaccin contre la fièvre jaune. Les besoins concernent actuellement les vaccins contre le VHB, le HIb, le pneumocoque, le rotavirus, le virus de l’encéphalite japonaise, le méningocoque C et les papillomavirus humains. La principale difficulté consiste à vacciner le maximum d’enfants de façon efficace, équitable et intégrée. Le représentant de l’OMS, T. Chérian (Suisse), est intervenu dans deux des symposiums. Il a confirmé que l’ODM 4 ne serait pas atteint en 2015 si des actions, telles que les vaccinations, ne s’intensifiaient pas rapidement. L’OMS soutient l’Alliance GAVI à propos des vaccins nouveaux/sous-utilisés. Elle recommande particulièrement la vaccination contre les agents infectieux des pneumopathies : coqueluche, rougeole, Haemophilus influenzae et pneumocoque.   Les pays industrialisés aussi ! Il ne faut pas croire que la vaccination ne pose pas de problèmes dans les pays industrialisés. Comme l’a souligné L. Pickening (CDCP d’Atlanta, USA), le calendrier vaccinal s’est considérablement élargi et s’est étendu à l’adolescent et à l’adulte (on peut vacciner actuellement aux Etats-Unis les enfants contre 16 maladies infectieuses au lieu de 7 seulement en 1985). Ce qui pose différents types de problème concernant aussi bien l’approvisionnement et le financement, que la mise en place des programmes de vaccination et leur acceptation. L. Cooper (USA) a insisté sur le fait que c’est la confiance du public qui conditionne la diffusion d’un vaccin, et cette dernière dépend avant tout de la façon dont la tolérance du vaccin est perçue. Ceci est bien illustré par l’épidémie de rougeole survenue au Royaume Uni après l’annonce d’une corrélation - depuis infirmée - entre le ROR et l’autisme, qui a freiné la vaccination antirougeoleuse. En revenant à l’Afrique subsaharienne, C Rahimy (Bénin) a insisté sur les dangers de la drépanocytose qui rend les enfants de cette région du monde susceptibles à certaines infections. Il a ainsi été rappelé que les enfants atteints d’un syndrome drépanocytaire majeur doivent ainsi bénéficier d’une vaccination systématique et complète, en particulier contre l’hépatite B, les infections à pneumocoques et à Haemophilus influenzae b, potentiellement létales.

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