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Vaccinologie

15 avr 2008

Quoi de neuf dans le calendrier vaccinal français ?

M. Deker
Le calendrier vaccinal s’oriente globalement vers une meilleure lisibilité (BEH n°31-32, 24 juillet 2007 : 269-88. www.invs.sante.fr/ beh). En cas de retard dans sa réalisation, il n’est pas nécessaire de recommencer tout le programme ; il suffit de le reprendre au stade où il a été interrompu et de compléter en réalisant le nombre d’injections requis en fonction de l’âge. Les nouveautés concernent principalement trois vaccinations : tuberculose, papillomavirus humain et varicelle.
Tuberculose : la vaccination n’est plus obligatoire L’incidence de la tuberculose a baissé notablement, passant d’environ 60/100 000 hab. en 1972 à 8,9/100 000 en 2005 (InVS), en France métropolitaine ; elle est toutefois plus élevée dans certaines régions (Ile-de-France, Guyane) et dans certaines populations (sujets originaires de pays à forte incidence ou vivant en situation précaire), dont les enfants sont à risque plus élevé que la moyenne nationale. En mars 2007, le CSHPF a donc émis un avis favorable à la levée de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et adolescents, cette obligation étant remplacée par une recommandation forte de vaccination précoce des enfants les plus à risque de tuberculose et la vaccination restant recommandée en Ile-de-France et en Guyane. En pratique, seul le BCG SSI® intradermique est disponible, en  flacon multidose, sous forme lyophilisée, à reconstituer lors de l’utilisation : 0,05 ml chez les < 1 an ; 0,1 ml chez les > 1 an. Le site recommandé est la région deltoïdienne, par voie strictement ID. Il est possible de vacciner plusieurs enfants avec le même flacon, en conservant le vaccin reconstitué au froid, à l’abri de la lumière (durée de conservation 4 heures après reconstitution). Le suivi des réactions vaccinales de l’AFSSAPS montre 496 notifications en 1,5 an, essentiellement pour des effets locorégionaux (principalement abcès ± adénopathie/fièvre), touchant principalement des enfants de moins de 12 mois, mais aucun cas systémique ; un mésusage du vaccin est responsable dans plus de 40 % des cas des abcès notifiés (concernant le lieu d’injection, la voie d’administration, la dose pour l’âge). Un plan de gestion des risques a été établi et, fin 2007, l’aiguille intradermique actuelle a été remplacée par une aiguille plus courte. La vaccination anti-HPV est recommandée La vaccination anti-HPV est recommandée chez toutes les jeunes filles de 14 ans, sachant que la majorité d’entre elles n’ont pas encore été exposées à HPV. Un rattrapage est possible de 15 à 23 ans, chez les jeunes filles et femmes qui n’auraient pas eu de rapports sexuels ou, au plus tard, dans l’année suivant le début de leur vie sexuelle. Les recommandations de la vaccination contre la varicelle sont élargies Ainsi, il est désormais recommandé de vacciner les adolescents de 12 à 18 ans, sans antécédent clinique de varicelle ou dont l’histoire est douteuse, avec la possibilité de contrôle sérologique préalable. Les femmes en âge de procréer, surtout celles ayant un projet de grossesse, et sans antécédent clinique de varicelle (± contrôle sérologique préalable) sont également visées par cet élargissement des recommandations, au même titre que les femmes dans les suites d’une première grossesse, sans antécédent de varicelle. Toute vaccination contre la varicelle chez une femme en âge de procréer doit être précédée d’un test de grossesse négatif et réalisée sous couvert d’une contraception efficace. Cette vaccination reste recommandée chez certains professionnels et dans certaines circonstances (cf. Communication de D. Floret). Les non-recommandations La vaccination généralisée des nourrissons contre la varicelle et la vaccination systématique contre le zona chez l’adulte ne sont pas recommandées. Chez le jeune enfant, le remplacement du vaccin trivalent ROR par le quadrivalent ROR-varicelle est déconseillé. Le respect des recommandations nationales du calendrier vaccinal officiel devrait permettre d’atteindre une couverture vaccinale optimale pour l’obtention d’une efficacité sur le plan de la communauté, indispensable pour éliminer la maladie.

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