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Infectiologie

Publié le 13 fév 2008Lecture 3 min

Quel est l’intérêt du test de diagnostic rapide de la grippe chez l’enfant ?

Dr Jean-Marc Retbi
Le diagnostic de grippe est cliniquement difficile chez l’enfant : cette affection ne se manifeste pas uniquement par un syndrome grippal et tout syndrome grippal n’est pas dû à la grippe ! Les tests de diagnostic rapide (TDR), apparus il y a quelques années, permettent « d’asseoir » biologiquement ce diagnostic, mais quel est leur impact sur la prise en charge ? Les deux études présentées ici apportent quelques éléments de réponse.
Dans la première étude, l’évaluation a été faite en période épidémique dans un service d’urgences pédiatriques. Les enfants, âgés de 1 mois à 6 ans, ayant consulté au cours du mois de février 2007 pour une fièvre d’apparition récente (≥ 38°5C et < 48 heures) ont subi un prélèvement nasal, sur lequel ont été pratiqués un TDR, une immunofluorescence et une culture cellulaire des virus de la grippe. Le TDR de la grippe était positif chez 42,3 % des patients inclus (75/177). Par rapport à la culture, la valeur prédictive positive du test était estimée à 88 % et sa valeur prédictive négative à 97 %. Les enfants du groupe TDR (+) ont eu moins d’examens complémentaires, d’hospitalisations et d’antibiotiques que ceux du groupe TDR (-). A noter que la différence n’était toutefois significative que pour les examens complémentaires (13 versus 38 ; p < 0,05), notamment les examens cytobactériologiques des urines. Sous oseltamivir, la fièvre durait moins de 3 jours. La seconde étude a été réalisée chez des pédiatres libéraux de 3 régions françaises.  Ces derniers ont effectué un TDR chez les enfants âgés de 0 à 17 ans ayant consulté pour des « symptômes évocateurs de grippe » au cours de l’hiver 2006-2007. Le TDR de la grippe était positif chez 41,6 % des patients inclus (289/695). Par rapport aux enfants ayant un TDR (-), les enfants ayant un TDR (+) ont moins souvent fait l’objet de prescriptions d’examens biologiques (0,7 % versus 11,6 % ; p < 0,0001), de radiographies (0,7 % vs 8,6 % ; p < 0,0001) et d’antibiotiques (7,6 % vs 18,5 % ; p < 0,0001) que ceux du groupe TDR (-) L’antibiothérapie était motivée dans la quasi-totalité des cas par une otite moyenne aiguë (20/22 fois) et l’oseltamivir administré dans près de deux tiers des cas. Ces études confirment la difficulté du diagnostic clinique de grippe chez le jeune enfant, et les avantages du TDR pour la prise en charge d’un enfant fébrile en période épidémique, que ce soit en médecine ambulatoire ou en milieu hospitalier. La positivité du TDR permet de diminuer nettement la prescription d’examens complémentaires et d’antibiotiques ; l’administration d’un antiviral étant réservée aux enfants qui ont un TDR (+) et, bien sûr, qui sont âgés de plus de 12 mois.

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