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Infectiologie

16 juin 2010

Faciès rouge et abdomen distendu, c’est un Parechovirus !

Dr Jack Breuil
Que savez-vous des Parechovirus ? Si ce virus ne vous évoque rien, vous avez sans doute quelques excuses : le Pilly, organe de référence du Collège universitaire des maladies infectieuses et tropicales, ne les cite pas. Il s’agit, en fait, d’un genre viral appartenant à la famille des Picornaviridae (où on trouve les Enterovirus, et donc les Echovirus). Six types sont décrits chez l’homme, de 1 (l’ancien Echo 22) à 6, et il semble que plus de 95 % de l’humanité soit entrée en contact avec eux dès les premières années de vie, dans une indifférence quasi générale…
C’est peut-être alors, dans ces conditions, l’un des grands mérites de l’ESPID d’avoir accepté une communication sur les Parechovirus, même si elle n’était qu’affichée. Elle est en réalité fort contributive et on y apprend, grâce à l’analyse d’un nombre, il est vrai un peu restreint de cas, que l’infection pédiatrique à Parechovirus pourrait être très caractéristique. Reprenant huit cas d’infections virologiquement prouvées, les auteurs londoniens retrouvent un tableau de distension abdominale cinq fois, accompagné d’un rash érythémateux caractéristique et faisant décrire l’enfant comme « red looking » dans le dossier médical. Tous sauf un présentaient des perturbations nerveuses centrales, d’une hypotonie à des crises convulsives en passant par une irritabilité, des épisodes apnéiques et des crises convulsives. Une hospitalisation en soins intensifs avait été requise dans tous les cas, pour des durées de 1 à 12 jours. Les caractéristiques biologiques accompagnant ces tableaux septiques étaient une lymphopénie relative ou absolue et une CRP normale (< 5 mg/l). Cette communication est, reconnaissons-le, quelque peu surprenante. Les Parechovirus ont été associés à des tableaux de gastroentérites (d’intensité modérée) et d’infections respiratoires, beaucoup moins fréquemment d’encéphalites ou de myocardites ; et voilà qu’ils semblent aussi impliqués dans une infection aussi bien marquée cliniquement que biologiquement, encore largement méconnue. Les auteurs, reconnaissant d’abord que l’association d’un tableau de sepsis et de signes neurologiques est commune et sans aucune spécificité, y reviennent en conclusion : un enfant tout rouge avec un abdomen distendu, une lymphopénie et une CRP normale doit avant tout faire évoquer une infection à Parechovirus.

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