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Infectiologie

08 fév 2010

Méningites à pneumocoque de l’enfant : quels changements depuis 2006 ?

Dr Roseline Péluchon
La vaccination anti-pneumococcique par le vaccin conjugué heptavalent (PCV7) est recommandée en France depuis 2006 chez tous les enfants de moins de 2 ans. Le pneumocoque est responsable de la moitié des méningites bactériennes de l’enfant de moins de 2 ans, et il paraît intéressant d’avoir d’ores et déjà un premier aperçu de l’impact de la vaccination sur la survenue des méningites à pneumocoque.
Une équipe rouennaise a réalisé une étude rétrospective sur 6 centres hospitaliers haut-normands, totalisant 45 cas bactériologiquement confirmés de méningites à pneumocoque survenus entre mai 2000 et mai 2009. Parallèlement la couverture vaccinale de la population était estimée sur un échantillon aléatoire de 65 enfants. Les auteurs remarquent que l’introduction du vaccin n’a pas entraîné de diminution du nombre de cas de méningites à pneumocoque dans la région. Sur les 45 cas observés, 69 % concernent des enfants de moins de 2 ans, et le pic d’incidence se situe dans la tranche d’âge de 3 à 5 mois (25 %). Près de 3 enfants sur 4 (74 %) avaient reçu au moins une injection du PCV7. Parmi les enfants correctement vaccinés pour leur âge (57 % après 2006), il n’y a eu aucun cas d’infection par une souche de sérotype vaccinal. Un seul cas de méningite à pneumocoque de sérotype vaccinal 6B est retrouvé, mais chez un enfant n’ayant pas reçu la vaccination complète. Cette stabilité du nombre de cas peut paraître surprenante, d’autant que l’étude est réalisée dans un contexte de couverture vaccinale régionale satisfaisante, puisque 88 % des enfants nés après 2006 ont reçu leurs 3 doses de vaccin PCV7 dans leur première année. Mais depuis 2006, on constate l’émergence de sérotypes non vaccinaux. Les auteurs parlent plutôt de  diversification des sérotypes, aucune souche ne paraissant prépondérante. Par ailleurs est observée, au cours de la même période, une diminution notable du nombre de méningites liées à des souches de sensibilité diminuée à la pénicilline. Ces données apportent un éclairage intéressant sur les résultats concrets de la vaccination, au moment où l’on voit poindre à l’horizon le vaccin anti-pneumococcique à 13 valences.

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