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Neurologie

19 nov 2009

La schizophrénie, une maladie virale ?

Dr Giovanni Alzato
Le rôle des agents viraux dans la survenue des maladies neuropsychiatriques suscite bien des questions. Certes, les facteurs génétiques semblent être au premier plan dans la schizophrénie, mais certaines études épidémiologiques suggèrent que des facteurs environnementaux seraient également en cause. La recherche s’est en fait focalisée sur l’exposition aux infections durant la grossesse et le risque de schizophrénie au sein de la progéniture.
Peu de travaux ont été consacrés aux conséquences potentielles des infections de l’enfance dans la pathogénie ou l’étiologie de cette psychose qui résulterait in fine d’interactions entre facteurs génétiques et environnementaux. Les infections sévères du système nerveux central (SNC) chez l’enfant semblent légèrement augmenter le risque tardif de pychose non affective, telle la schizophrénie (1). Les données de l’expérimentation animale concordent avec cette hypothèse. Chez les souris infectées durant la période néo-natale avec la souche neurotrope du virus de l’influenza A (WSN/33), il apparaît à l’âge adulte une diminution des performances de la mémoire de travail et une disparition de l’inhibition de certaines prépulsions. Une réduction spécifique de l’abondance des transcripts codant pour le gène  III Nrg1 a été observée dans le cortex préfrontal chez les animaux présentant les troubles neurologiques précédemment évoqués. Ces effets ont été également détectés chez des animaux présentant une inhibition spéficique du gène Tap 1 (qui entraîne une réduction de l’expression de MHC1) et non chez les animaux témoins de souche sauvage. Ce faisceau d’arguments plaide en faveur de la piste infectieuse dans la survenue des symptômes couramment observés chez les patients atteints d’une schizophrénie tout au moins ceux qui sont génétiquement vulnérables. Une étude de cohorte prospective de type cas-témoins réalisée en Israel apporte sa contribution au débat. Elle a reposé sur un registre national, en l’occurrence le National Psychiatric Hospitalization Registry qui a permis de rassembler les dossiers de: 1) 3 599 sujets hospitalisés en raison d’une méningite ou d’une autre infection du SNC avant l’âge de 16 ans; 2) de 6 371 témoins hospitalisés du fait d’une gastro-entérite pendant l’enfance. Les deux groupes ont été suivis entre 1970 et 2007. Les sujets  hospitalisés pour une infection du SNC avant 16 ans n’ont pas été plus souvent hospitalisés pour une schizophrénie au cours du suivi comparativement aux témoins (Hazard ratio ajusté [HRa]=0,81 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,5 à 1,32). Cependant, une analyse post-hoc montre que dans le sous-groupe de patients ayant été hospitalisés pour une infection du SNC entre l’âge de 2 et 5 ans, le risque d’hospitalisation pour schizophrénie est nettement augmenté (HRa=4,35 ; (IC95 de 1,2 à 15,84) selon le modèle de Cox. Il importe d’examiner cette hypothèse dans le cadre d’autres études longitudinales. En attendant, rien ne permet d’affirmer l’existence d’un lien de causalité entre les infections du SNC chez l’enfant et le risque ultérieur de schizophrénie notamment à l’âge adulte. 

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