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Neurologie

31 jan 2011

L’épilepsie de l’enfant augmente-t-elle le risque de lésions traumatiques ?

Dr Giovanni Alzato
Les enfants atteints d’épilepsie présentent-ils un risque augmenté de lésions traumatiques ? Une étude de cohorte prospective de type cas-témoins répond partiellement à cette question. Une particularité à signaler : les témoins ont été recrutés au sein de la fratrie des jeunes patients. Les critères d’éligibilité ont été les suivants :
1) âge : 3-17 ans ;  2) épilepsie confirmée ; 3) traitement antiépileptique en cours et/ou survenue d’au moins une crise d’épilepsie au cours des 6 mois précédents ; 4) absence de déficits moteurs ou sensitifs majeurs ; 5) présence au sein de la fratrie d’un membre d’âge voisin sans épilepsie connue. Les parents ont été mis à contribution puisqu’il a été demandé : 1) de remplir des questionnaires au début de l’étude ; 2) de colliger mensuellement les éventuelles lésions traumatiques survenues chez les enfants atteints d’épilepsie et les témoins ; 3) de noter les crises d’épilepsie pendant 12 mois. Sur les 150 paires de cas et de témoins, seuls 47 (31 %) ont été inclus dans l’analyse statistique finale. Des données sur une période de 6 mois ou plus étaient exploitables chez 25 paires de cas et de témoins. Au total, 257 mois de données ont été collectés. Chez les enfants atteints d’épilepsie, la fréquence des lésions traumatiques ne différait pas significativement de celle du groupe témoin (271 versus 218 ; p = NS). Ces dernières ont été le plus souvent mineures sans conséquences fonctionnelles. Seules les lésions traumatiques secondaires à une activité sportive ont fait l’objet d’une consultation médicale. Ces lésions, quelle que soit leur cause, ont été plus fréquentes chez les enfants atteints d’épilepsie de sexe masculin d’âge < 9 ans (47 % des lésions) et chez les témoins de sexe féminin d’âge > 10 ans (46 % des lésions). Au cours du suivi, 1 485 crises d’épilepsie ont été dénombrées, mais dans l’immense majorité des cas (98 %), elles n’ont concerné que 21 % des patients. Les lésions traumatiques ne sont survenues que chez 4,4 % des enfants atteints d’épilepsie. En bref, le risque en question ne semble pas être plus élevé chez les enfants épileptiques comparativement à leurs frères ou sœurs d’âge comparables. Aucune relation n’a été, en outre, mise en évidence entre la fréquence des crises et le risque de lésions traumatiques. Deux commentaires : le pourcentage élevé de patients exclus limite la portée de ces résultats, en sachant de plus qu’il s’agit d’une étude cas-témoins. 

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