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Psycho-social

30 sep 2010

Autisme et inflammation : une étiologie à élucider (entre autres…)

Dr Dominique-Jean Bouilliez
Les troubles du spectre autistique relèvent d’un état pathologique complexe qui affecte le développement normal du cerveau et qui a une incidence sur l’interaction sociale, la communication, l’intérêt vers l’extérieur et le comportement. 
Les études les plus récentes montrent que ces troubles affectent un enfant sur 150 environ et semblent indiquer que la prévalence va en augmentant avec le temps. Cela dit, l’expression « troubles du spectre autistique » est une expression générique qui englobe plusieurs troubles aux composants et manifestations multiples, et dans une vaste gamme de combinaisons, avec une sévérité variable : le trouble autistique (ou autisme), le syndrome d’Asperger, le trouble envahissant du développement – non spécifié, le syndrome de Rett et le trouble désintégratif de l’enfance. Chaque individu peut présenter une combinaison de comportements plus ou moins sévères et des enfants présentant le même diagnostic peuvent se comporter d’une manière très différente et être dotés d’aptitudes très variées. On ignore encore les causes de l’autisme, même si l’on se dirige de plus en plus vers une pathologie mixte à composante génétique, environnementale et inflammatoire. Afin de permettre une meilleure connaissance de cette maladie, l’autisme devrait être considérée : 1/ pas seulement comme un trouble du développement, mais aussi comme une maladie chronique sous-tendue par une physiopathologie active ; 2/ pas seulement comme un trouble du comportement, mais aussi comme une maladie aux composantes somatiques et systémiques intrinsèques en rapport avec les mécanismes physiopathologiques sous-jacents ; 3/ pas seulement comme un trouble génétique, mais aussi comme une pathologie de l’environnement ; 4/ et enfin, comme une affection dynamique (et non pas statique), dont les interactions se produisent à tous les niveaux. Des données de plus en plus convaincantes font état de l’importance du stress oxydatif susceptible de générer : 1/ une neuro-inflammation (objectivable en IRM) ; 2/ une dysfonction mitochondriale sous influence environnementale (pollution aérienne, présence d’organophosphorés, de métaux lourds), 3/ voire des anomalies biochimiques (anomalies du glutathion). Ces déficits se produisent plus facilement en présence de mutations de novo que l’on observe fréquemment lorsque les parents sont plus âgés. Enfin, ces considérations laissent supposer que des interventions nutritionnelles spécifiquement dirigées pourraient non pas guérir, ou soigner l’autisme, mais aider le patient à aborder certains problèmes spécifiques de sa relation avec son environnement. « De quoi susciter de nombreuses voies de recherche » conclut Martha Herbert (Massachussetts General Hospital).

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