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Editorial

29 sep 2020

Pour un remboursement des vaccins antigrippaux et rotavirus de tous les jeunes enfants - Efficacité et éthique

Bertrand CHEVALLIER, Rédacteur en chef

Dans un avis publié le 22 juillet 2020, l’Académie nationale de médecine rappelle le poids important des gastro-entérites à rotavirus chez les nourrissons dans notre pays : 430 000 épisodes de gastroentérite aiguë, 181 000 consultations, 31 000 passages aux urgences, 14 000 hospitalisations et une dizaine de décès.

L’Académie regrette l’accès très inégalitaire actuel à la vaccination contre le rotavirus, non remboursée parce que non recommandée. Elle souligne que « cette vaccination, indiquée entre 2 et 6 mois, a fait la preuve de son efficacité et qu’elle permettrait d’alléger le fardeau pédiatrique des infections à rotavirus » ; elle recommande de l’envisager « dans la stratégie de lutte contre les infections à rotavirus afin de prévenir les effets délétères d’une épidémie concomitante avec une flambée de Covid-19 durant la saison hivernale ». Ces avis ont été confortés récemment dans une lettre ouverte diffusée par sept sociétés savantes de pédiatrie. Les pédiatres estiment que la vaccination contre le rotavirus en période de pandémie de Covid-19 permettrait, d’une part, d’alléger la charge de soins des structures sanitaires en diminuant de façon drastique les épisodes de gastro-entérites chez les petits nourrissons et, d’autre part, de réduire la fréquence chez l’enfant des situations fréquentes à venir, de suspecter une Covid-19 et ses conséquences (tests PCR difficiles à mettre en œuvre à cet âge et mesures d’éviction personnelles et familiales). En effet, « 15 à 30 % des enfants hospitalisés ou vus en consultation pour Covid-19 ont des signes digestifs, dont la diarrhée, ce qui rend très difficile le diagnostic différentiel avec les gastro-entérites à rotavirus ». Une étude récente vient de rapporter l’impact de 6 années de vaccination contre le rotavirus en Allemagne : cette étude montre, comme dans de nombreux autres pays, une réduction considérable du nombre de consultations, de passages aux urgences et d’hospitalisations depuis l’implantation de cette vaccination, sans augmentation de l’incidence des invaginations intestinales. Quinze pays européens recommandent déjà ce vaccin en routine, dont 6 des sept pays limitrophes de la France. Chaque médecin d’enfants devrait pouvoir proposer, lors de la consultation, cette vaccination contre le rotavirus. Une vaccination antigrippale y serait associée systématiquement dès 6 mois. La HAS a montré en 2018 l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin antigrippal dans cette classe d’âge. Cela pourrait permettre de ne pas submerger les consultations, de ville ou aux urgences hospitalières, en cette période d’incertitudes épidémiques. Ces vaccins doivent être remboursés ! Sinon moins de 30 % de la population de cet âge seront correctement vaccinés et certainement pas les plus socialement à risque.

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