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ORL et Stomatologie

14 sep 2011

Utilisation du masque laryngé dans l’adéno-amygdalectomie pédiatrique

Dr Michel Ballester
L’objectif des auteurs était de comparer l’utilisation du masque laryngé et de la sonde d’intubation dans l’adéno-amygdalectomie pédiatrique. L’indication la plus commune de l’intervention était la survenue d’apnées du sommeil obstructives. L’asthme était la comorbidité la plus fréquemment associée.
  Dans cette étude prospective randomisée, 131 enfants âgés de 2 à 12 ans (âge moyen 5,6 ans) ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient un index de masse corporelle (IMC) supérieur à 35 et les anomalies crânio-faciales. Les enfants ont été répartis dans deux groupes de façon randomisée : intubation (71 enfants) et masque laryngé (60 enfants). Un protocole d’anesthésie standard était utilisé. Les auteurs ont en particulier évalué pour chaque groupe l’incidence du laryngospasme pré- et postopératoire, le temps opératoire, le temps d’anesthésie, le temps avant le réveil. L’un des principaux objectifs de l’anesthésiste durant l’intervention est la protection des voies aériennes. L’intubation endotrachéale est habituelle mais n’est pas dénuée de risques (traumatismes et oedèmes laryngés, blessures des lèvres, fractures dentaires, bronchospasme, laryngospasme dont l’incidence chez l’enfant est estimée entre 4 et 14 %). L’une des alternatives est l’utilisation du masque laryngé. Parmi les 60 enfants du groupe « masque laryngé », 12 ont finalement été intubés (bronchospasme à l’induction chez 2 d’entre eux ; flexion du tube et visualisation insuffisante en peropératoire pour les autres). Dans l’analyse statistique finale, on compte donc 83 enfants dans le groupe « intubés » et 48 dans le groupe « masque laryngé ». Il n’a pas été observé de différence statistiquement significative entre les deux groupes concernant : âge, ethnie, IMC, grade ASA, incidence du laryngospasme postopératoire. Le temps chirurgical moyen était de 13,39 minutes chez les enfants avec masque laryngé contre 18,26 minutes chez les enfants intubés. Le temps nécessaire depuis la fin de l’intervention jusqu’à l’extubation était diminué de façon significative de 4,06 minutes dans le groupe « masque laryngé ». Le temps passé en salle de réveil était similaire dans les deux groupes L’adéno-amygdalectomie pédiatrique est l’intervention présentant l’une des incidences les plus élevées de laryngospasme. Le masque laryngé représente une alternative en protégeant les voies aériennes tout en minimisant les stimuli cardiaques et respiratoires susceptibles de l’induire. Selon les auteurs, cela en fait un instrument idéal dans les procédures chirurgicales courtes chez l’enfant. Ils recommandent néanmoins des études incluant un plus grand nombre d’enfants prédisposés au laryngospasme et au bronchospasme (enfants asthmatiques ou présentant un reflux gastro-oesophagien). Chez ces enfants, le masque laryngé pourrait offrir un avantage supplémentaire en diminuant la stimulation réflexe de voies aériennes supérieures hyperréactives. Enfin, un problème commun lié à l’utilisation du masque laryngé est l’obstruction du tube. Elle serait due à une anesthésie trop peu profonde débouchant sur un laryngospasme. L’étiologie exacte reste à préciser afin de pouvoir la prévenir. Les auteurs indiquent que l’utilisation d’un masque laryngé plus petit était associée à une diminution des taux d’obstruction, en plus d’un champ opératoire plus accessible. L’adoption, en routine, du masque laryngé dans l’adéno-amygdalectomie pédiatrique nécessite des études complémentaires afin de déterminer les causes d’obstruction et de tenter d’en prévenir la survenue.

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