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Infectiologie

02 fév 2011

Que faire pour retarder le remplacement des colibacilles ampi-R par des colibacilles à BLSE de type CTX-M ?

Dr Jean-Marc Retbi
Sur les 30 dernières années, les entérobactéries multirésistantes aux antibiotiques [AB] ont évolué. Elles sont rencontrées dans les infections communautaires et produisent de nouvelles bêta-lactamases à spectre élargi, les BLSE de type CTX-M qui inactivent les céphalosporines de 3ème génération [C3G] et passent des Klebsiella pneumoniae aux Escherichia coli [E. coli].
Vu la fréquence des infections à colibacilles, notamment urinaires, la résistance des E. coli aux bêta-lactamines devient problématique. Elle conduit à utiliser plus fréquemment les carbapénèmes, ce qui peut induire une résistance à cette sous-famille d’AB (pour l’instant, restreinte aux Klebsielles). Comme il existe des résistances associées aux hétérosides et aux fluoroquinolones et qu’il n’apparaît pas de nouvelles molécules, on risque de se retrouver bientôt dans une impasse pour traiter ces infections. Afin de retarder l’échéance, il faut se rappeler que la diffusion des E. coli à BLSE de type CTX-M ou autre se fait de deux façons : - par la transmission croisée des bactéries (ou des gènes de résistance) dans les hôpitaux, les EHPAD, les collectivités et les familles ; - par la pression de sélection des antibiotiques, qui fait que ces bactéries deviennent prédominantes dans la flore intestinale et peuvent être à l’origine de translocation chez le sujet qui en est porteur et de transmission à l’entourage. Les deux grands moyens de lutte contre les E. coli à BLSE de type CTX-M sont donc les mesures d’hygiène et le bon usage des antibiotiques. Ils sont communs aux autres types de BLSE et aux Klebsielles pourvues de BLSE. Des recommandations sur les mesures à mettre en œuvre, centrées sur les E. coli à BLSE de type CTM-X, ont été émises en février 2010 par un groupe de travail du Haut Conseil de Santé Publique. Elles portent principalement sur : - la formation et l’information du monde médical, des microbiologistes et de la population ; - la mise en place d’un réseau de surveillance national ; - des considérations thérapeutiques sur le bon usage et le moindre usage des AB : les carbapénèmes sont exclues du traitement de 1ère ligne des infections urinaires et les traitements des infections intra-abdominales et néonatales sont à revoir. En cas d’infection à E. coli à BLSE, les carbapénèmes sont le recours, mais doivent être réservées aux infections sévères. - l’hygiène des mains et la gestion des excrétas dans les hôpitaux et les EHPAD. Dans les hôpitaux, on recherchera une colonisation chez les sujets contacts d’un cas, mais on ne tentera pas d’éradiquer un éventuel portage. - enfin, des travaux de recherche sur différents sujets, en médecine humaine et vétérinaire.

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