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Infectiologie

Publié le 16 juin 2010Lecture 3 min

Hépatite A, le danger venu d’ailleurs

Dr Jack Breuil
L’hépatite A, pour avoir quasiment disparu de France, n’en continue pas moins d’être l’objet de nombreuses études et autres enquêtes épidémiologiques. Celle proposée par S. Faillon et coll. (1) a été menée dans huit services d’urgence pédiatriques français, et se proposait de déterminer les taux d’anticorps spécifiques de 487 enfants interrogés sur leurs origines démographiques, leurs données socio-économiques et leurs habitudes de voyages. 
Les 430 dossiers qui ont pu être exploités ont montré une séroprévalence plus élevée chez les enfants « voyageurs » (12 % versus 2 %, séroprévalence globale de 5 %) et, après ajustement des variables associées à un examen positif, il a été retrouvé de fortes corrélations à l’âge (>14 ans) (odds ratio [OR] = 7,7 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre 1,6 et 38,3 ; p = 0,01) , au fait d’avoir un parent né hors de France métropolitaine (OR = 5,2 ; IC95 entre 1,8 et14,8 ; p < 0,001) ou d’avoir réalisé un séjour en zone endémique (OR = 4,3 ; IC95 entre 1,5 et 12 ; p < 0,001) . Une autre étude, plus parisienne, a inclus cette fois 207 enfants nés en France et qui n’avaient pas voyagé à l’étranger (2). Constatant qu’il existe un pic saisonnier automnal de l’infection lié au retour des vacances d’été, les auteurs ont proposé, avec l’approbation du Comité d’éthique, d’analyser les séroprévalences de l’infection chez l’enfant de 1 à 5 ans non vacciné en fonction de leur origine familiale. Chez les 81 enfants ayant une famille d’origine française, les sérologies étaient négatives. Chez ceux dont le père ou la mère étaient nés en zone endémique, 5/126 (3,9 %) avaient une sérologie positive et presque 30 % (n = 17/59) de ceux nés hors frontières étaient dans le même cas, et plus de 64 % s’il s’agissait d’un pays hyper endémique. L. Bourbotte et coll. nous rappellent enfin que plus de 6 millions de résidents français, dont 15% d’enfants, séjournent chaque année dans les pays les plus à risque. Une double nécessité s’ensuit, celle évidemment de vacciner le petit voyageur, mais aussi celle de protéger ceux qu’il fréquentera à son retour. Mais au fait, c’est quoi, une région de forte endémicité ? A priori c’est simple, on prend la carte du monde et on retire l’Amérique du nord, l’Europe et une grande partie de l’Océanie, zones habituelles de sécurité sanitaire reconnues des grandes organisations internationales. Simple ? Peut-être pas tant qu’il y parait car, un peu partout dans le monde, l’épidémiologie de l’hépatite A évolue rapidement. Un phénomène qu’une étude Turque, justement, vient de mettre en évidence à Izmir, où le taux de prévalence globale de l’infection passait de 71 à 54 % entre 1998 et 2008, alors même que celui de la séroprévalence des tranches d’âge basses baissait fortement et que l’âge moyen d’immunisation atteignait celui de la première maturité (adultes jeunes) (3). En pratique, le risque augmente donc de vacciner des enfants qui se rendent dans des régions d’où l’hépatite A a disparu. Ce n’est sans doute pas bien grave…

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