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Editorial

22 oct 2021

Une approche novatrice réduit de 70 % les formes graves de paludisme chez l’enfant : la bonne nouvelle vient des chercheurs africains

Bertrand CHEVALLIER, Boulogne-Billancourt
 formes graves de paludisme chez l’enfant

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« Un chercheur est celui qui risque sa vérité et qui se casse la figure » - Michel Serres (1930-2019) Si « Covid » fut sans doute le mot le plus employé de 2020, « vaccin » pourrait être le plus utilisé en 2021. Mais les espoirs de miracle autant que la méfiance complotiste feraient presque oublier le paludisme, dont l’écrasante majorité des victimes – 400 000 morts environ – se situe en Afrique. Ce continent offre aujourd’hui le spectacle enthousiasmant des études cliniques des vaccins contre le paludisme. Le New England Journal of Medecine du 25 août 2021 rapporte les résultats d’une étude randomisée incluant 6 000 nourrissons de 5 à 17 mois et menée pendant trois ans sur deux communes au Mali et au Burkina Faso. Tous les enfants ont au préalable été équipés de moustiquaires avec insecticide. Parmi eux, ceux qui ont reçu une combinaison de traitements préventifs avec un rappel annuel de vaccin antipaludique avant la saison des pluies, ont vu le nombre de cas graves et d’hospitalisations diminuer de 70 % et de décès de 73 %, comparé à ceux qui n’ont eu que les traitements préventifs ou ceux qui n’ont eu que les rappels de vaccins. Un résultat « spectaculaire, selon les investigateurs, qui va révolutionner la lutte contre ce fléau qu’est le paludisme ». « Au Sahel, le paludisme est saisonnier, d’où l’idée d’avoir une prévention saisonnière. Ces dernières années, la chimio-prévention saisonnière (CPS), qui associe la prise de deux antipaludiques – sulfadoxine-pyriméthamine et amodiaquine – de juillet à novembre, s’est généralisée chez les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans. Ses résultats sont toutefois restés insuffisants. L’ajout d’un antibiotique à large spectre n’avait apporté aucun bénéfice », précise l’un des chercheurs. Le vaccin « RTS, S » du laboratoire britannique GSK, déjà largement administré à des cohortes d’enfants dans plusieurs pays a toutefois une efficacité limitée. Sa protection de 70 % s’affaiblit au bout de quelques mois. Ce handicap tend à disparaître si un rappel du vaccin est inoculé juste avant la saison concentrée entre juillet et novembre chaque année. Cette combinaison vaccin + CPS peut bénéficier à 30 millions d’enfants dans les six pays du Sahel à paludisme saisonnier. Les chercheurs espèrent que l’OMS mettra autant de célérité à évaluer cette étude que celles pour la Covid, pour une large mise en œuvre sur le terrain avant la prochaine saison.

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