Version PDF

Vaccinologie

09 déc 2020

Webinar « Cas pratiques en vaccinologie, l’avis des experts » - Session questions/réponses

Dr Marie-Aliette DOMMERGUES (Le Chesnay), Pr Nicole GUISO (Paris) et Dr Hervé HAAS (Monaco)

Organisé le 6 octobre dernier par le Laboratoire GSK, avec la participation des Dr Marie-Aliette DOMMERGUES (Le Chesnay), Pr Nicole GUISO (Paris) et Dr Hervé HAAS (Monaco), retrouvez les moments forts de cette émission à travers les réponses des experts à vos questions.

[accordion] 1 - Les personnes âgées sont très impactées par la COVID-19. Pensez-vous qu’il faudrait les vacciner contre la coqueluche, même hors du cadre du cocooning ? N. GUISO - C’est une excellente question, même en dehors de la COVID-19. En effet, nous voyons déjà aux États-Unis les premiers décès de seniors dus à la coqueluche ; ces patients présentent une forme typique, avec un risque d’hémorragies cérébrales, etc. Les Américains ont d’ailleurs introduit la vaccination coquelucheuse tous les dix ans. Personnellement, j’espère que nous pourrons faire, comme pour diphtérie-tétanos, c’est-à-dire une vaccination tous les 20 ans et, à partir de 65 ans, tous les 10 ans, mais avec un vaccin qui contient la coqueluche(1,2,8). [/accordion] [accordion] 2 - Quelle est la durée de protection conférée par le rappel coqueluche à 11-13 ans ? N. GUISO - L’immunité vaccinale ne dure pas très longtemps. Il est vrai qu’en France entre 13 ans et 25 ans, nous avons un creux. Pour l’instant, il n’a pas été montré d’augmentation majeure des coqueluches chez les adolescents ou adultes avant 25 ans(3,8). [/accordion] [accordion] 3 - Que proposer à une jeune femme de 21 ans qui n’a pas encore eu son rappel de coqueluche mais qui a un projet de grossesse ? N. GUISO - Il faut la vacciner, si sa vaccination date de plus de 5 ans et ne pas attendre ses 25 ans. En revanche, si elle n’a pas été vaccinée à 25 ans, il y a un rattrapage jusqu’à 39 ans(4). [/accordion] [accordion] 4 - Concernant les cycles de coqueluche, nous ne serions pas dans un cycle haut ? N. GUISO - Nous ne sommes pas dans un cycle ; pour l’instant, il faut surveiller. L’intervalle entre les cycles augmente, ce qui suggère que la couverture vaccinale augmente. Les cycles peuvent s’expliquer par l’augmentation des sujets susceptibles par vagues et c’est généralement dû à une zone où la couverture vaccinale a diminué. Même si la population porte des masques qui pourraient diminuer la transmission de la maladie, la coqueluche est très contagieuse. Les chiffres de non-vaccination des nouveau-nés et même des adolescents et des adultes, sont alarmants. Si à 6 ans, les enfants n’ont pas leur rappel de vaccination, cela peut être dramatique dans une famille qui accueille un nouveau-né. C’est pourquoi il faut respecter les calendriers vaccinaux(5,8). [/accordion] [accordion] 5 - Une immunité infectieuse par la maladie protège-t-elle davantage qu’une immunité vaccinale ? N. GUISO - Oui, la protection est un peu meilleure mais elle ne dure pas la vie entière(6). [/accordion] [accordion] 6 - Combien de décès de nourrissons chaque année dus à la coqueluche ? N. GUISO - Les chiffres de mortalité dépendent des cycles. Selon les données du réseau Renacoq, pendant les cycles importants, 5 ou 6 décès ont pu être dénombrés. Nous sommes actuellement dans une période basse et aucun décès n’a été rapporté dans le réseau Renacoq, qui représente 43 centres hospitaliers. Il faut néanmoins signaler des cas de coqueluche maligne chez des nourrissons qui n’étaient pas vaccinés(7). [/accordion] [accordion] 7 - Quelle conduite à tenir concernant les contacts directs d’un enfant de 2 ans gardé en crèche qui est hospitalisé pour une crise d’asthme mais chez qui la PCR multiplexe était positive pour Bordertella parapertussis ? N. GUISO - La conduite à tenir est la même que pour un cas de coqueluche à B. pertussis. Généralement la maladie est atténuée, même à cet âge. Dans ce cas, il faut traiter les contacts très proches par un macrolide. La situation est ici un peu compliquée, car l’enfant est en contact avec une vingtaine d’enfants âgés de 2 à 3 ans qui peuvent contracter la maladie et qui sont ou devraient théoriquement être vaccinés. Il faut surveiller l’apparition de symptômes, vérifier les carnets de vaccination, une antibioprophylaxie n’est pas nécessaire(8).  [/accordion] [accordion] 8 - Faut-il faire une sérologie hépatite B avant une primovaccination chez un adolescent de 18 ans pour être sûr qu’il n’a pas contracté la maladie avant ? H. HAAS - Il n’est pas dangereux de faire un vaccin hépatite B à quelqu’un qui a déjà contracté l’infection. Néanmoins, si on lui fait, c’est qu’il a peut-être des facteurs de risque. S’il a été exposé, dans son activité professionnelle ou dans sa vie de tous les jours, il est raisonnable de faire une sérologie pour être sûr qu’il n’est pas porteur d’anticorps anti-HBc et d’antigène anti-HBs. Si tel est le cas, la vaccination, même si elle n’est pas dangereuse, n’a pas d’intérêt. Le danger est surtout de passer à côté d’un porteur chronique de virus. Cependant au-delà de 15 ans, la vaccination est recommandée dans des populations à risque chez lesquelles il est important de dépister un portage chronique(4,9).  [/accordion] [accordion] 9 - Faut-il vacciner tous les étudiants en santé contre l’hépatite B ? On rappelle que la vaccination hépatite B est obligatoire pour les professionnels de santé. Est-ce justifié ? H. HAAS - La vaccination est justifiée parce que les étudiants sont exposés, notamment les infirmiers et les infirmières lors des prises de sang, lors d’injections de produits, lors de soins au quotidien où ils sont exposés à du sang. Le nombre de personnes qui ne se savent pas porteurs chroniques du virus est connu. Le risque existe et il est en augmentation, ce qui justifie l’obligation vaccinale des professionnels de santé(4,10). [/accordion] [accordion] 10 - Que faire chez les jeunes adultes, en cas de vaccination hépatite B incomplète durant l’enfance et de voyage dans des pays à risque ? H. HAAS - Il faut partir du principe que toute dose faite compte. Si une seule injection a été réalisée, la deuxième sera faite immédiatement et il en faudra une troisième avec un délai minimum de 5 mois pour obtenir un vrai effet rappel. Chez une personne exerçant dans un environnement à très haut risque ou qui voyage dans des pays à très haute incidence de la maladie, il sera utile de vérifier s’il a répondu correctement à la vaccination après avoir réalisé l’ensemble du programme vaccinal(9).  [/accordion] [accordion] 11 - Quels sont les vaccins les plus urgents dans le cadre d’un rattrapage ? M.-A. DOMMERGUES - Tout dépend du contexte et de l’âge de l’enfant. Donc tout est urgent ! En pleine épidémie de rougeole, il faudrait vacciner contre la rougeole très vite. Plusieurs vaccins peuvent être administrés en même temps, ce qui facilite les rattrapages comparativement à des vaccinations échelonnées dans le temps. Il est plus difficile de prioriser. On va commencer par les maladies les plus graves et poursuivre selon l’âge de l’enfant. Par exemple, chez un enfant qui n’a jamais été vacciné contre le tétanos et qui doit rentrer à l’école, l’urgence sera la vaccination antitétanique(9). [/accordion] [accordion] 12 - Quel est le délai entre BCG et les autres vaccins ? À partir de quel âge conseiller de faire le BCG ? Y-a-t-il intérêt à faire le BCG en période de COVID-19 ? M.-A. DOMMERGUES - Il n’y a pas de délai à respecter entre le BCG et les autres vaccins. C’est un vaccin vivant effectivement, mais un vaccin vivant bactérien. Contrairement aux vaccins vivants viraux qui nécessitent un délai de 1 mois, si ce dernier n’est pas nécessaire avec le BCG. Le BCG est maintenant recommandé chez les sujets à risque à partir de l’âge de 1 mois. En effet, on a constaté que dans les très rares cas de déficit immunitaire combiné sévère, il y avait plus de décès d’enfants si on les vaccinait par BCG généralisé avant 1 mois plutôt qu’après. À Mayotte et en Guyane la vaccination est recommandée dès la maternité, dès les premiers jours de vie. En métropole, pour l’instant, il est conseillé d’attendre l’âge d’1 mois pour faire le BCG. S’il existe une indication de BCG, le plus tôt est le mieux puisque l’objectif est de protéger les nourrissons qui sont les plus à risque de forme disséminée sévère, de méningite tuberculeuse, des formes graves, donc dès l’âge d’1 mois(8,9,14). BCG et COVID-19 ? Nous n’avons aucune donnée à l’heure actuelle quant à la diminution éventuelle d’efficacité d’un BCG après une COVID-19. Il n’existe pas d’études convaincantes aujourd’hui pour montrer que le BCG pourrait protéger de la COVID-19. Effectivement, nous savons que le BCG exerce un effet protecteur, chez les tout-petits enfants et nourrissons, grâce à l’immunité entraînée contre d’autres infections, notamment respiratoires. Concernant la population plus âgée nous n’avons pas de données convaincantes(11). [/accordion] [accordion] 13 - ROR et migrants adultes, doit-on faire le vaccin en l’absence de preuve de vaccination ? et qu’en est-il du BCG ? M.-A. DOMMERGUES - Il en est des adultes comme des enfants. Il n’y a pas de risque à refaire la vaccination : deux doses de vaccin ROR à un mois d’écart. Si le patient est déjà immunisé contre l’une des trois maladies, les anticorps circulants vont inactiver le virus vaccinal qui n’aura pas d’efficacité mais pas d’effets secondaires non plus, puisqu’il n’y aura pas de réponse immune. Donc oui il faut le faire. En France, pour la vaccination BCG à l’âge adulte, on fait un rattrapage jusqu’à l’âge de 15 ans quand il y a des facteurs de risque. Quant à faire un BCG chez un sujet adulte, la réponse est plutôt non. Le risque de tuberculose dans ces situations est lié aux conditions d’hygiène et aux conditions nutritionnelles plus qu’au risque d’être mal vacciné ou non vacciné par le BCG(8,9,12,15,16). [/accordion] [accordion] 14 - Faut-il vacciner un adolescent qui n’a pas eu la varicelle ? Une sérologie préalable est-elle nécessaire ? H. HAAS - En l’absence d’histoire connue de varicelle (il faut aussi interroger la famille), il faut proposer cette vaccination parce qu’à l’adolescence comme chez l’adulte, la varicelle peut prendre des proportions bien plus importantes que chez le nourrisson, d’où un risque plus élevé de complications. La sérologie n’est pas obligatoire. Comme le vaccin contre la varicelle est un vaccin vivant, si le patient avait auparavant contracté l’infection, il neutraliserait les antigènes vaccinaux. C’est le même cas de figure que pour le vaccin ROR. Les jeunes filles nécessitent malgré tout quelques précautions. La contraception n’est pas obligatoire, mais il faut conseiller à cette jeune fille ou à cette jeune femme de ne pas entamer de grossesse durant le mois qui suit la vaccination, et ce pour chaque dose. Aucun problème n’a jamais été signalé mais la prudence s’impose. Cette absence de risque explique que la contraception ne soit plus obligatoire dans le cadre de la vaccination contre la varicelle. Les vaccinations « accidentelles » avec un vaccin vivant ROR ou varicelle chez les femmes enceintes n’ont jamais entraîné de fœtopathie, mais il faut rester prudent : la grossesse est déconseillée. Nous avons donc le choix : soit faire une sérologie, puis si elle est négative, faire les deux vaccins ; soit faire d’emblée les deux vaccins, ce qui ne pose pas de problème si le patient est déjà immunisé. Effectivement beaucoup d’individus font une varicelle qui passe inaperçue(4). [/accordion] [accordion] 15 - Doit-on obligatoirement vacciner contre l’hépatite B une personne qui veut se faire tatouer ? H. HAAS - Il existe des contrôles en France. Tout dépend du tatoueur. Les contrôles réalisés sont valables pour l’hépatite B comme pour l’hépatite C. Il faut déjà prendre conscience que se faire tatouer n’est pas anodin. Dans le cas où la personne qui souhaite se faire tatouer n’a jamais été vaccinée contre l’hépatite B, je profiterai de l’occasion pour lui recommander la vaccination contre l’hépatite B. Cependant, il n’a pas été démontré que le risque de faire une hépatite B après être tatoué est moindre chez un sujet vacciné(4,13). [/accordion]   Pour en savoir plus, découvrez le compte rendu de l'émission "Cas pratiques en vaccinologie" LIRE LE COMPTE RENDU >>   NP-FR-GVX-WCNT-200012 - Novembre 2020 © 2020 Groupe GSK ou ses concédants. Marque appartenant ou concédée au groupe GSK.

Attention, pour des raisons réglementaires ce site est réservé aux professionnels de santé.

pour voir la suite, inscrivez-vous gratuitement.

Si vous êtes déjà inscrit,
connectez vous :

Si vous n'êtes pas encore inscrit au site,
inscrivez-vous gratuitement :

publicité
publicité