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Neurologie

Prise de risque et immaturité cérébrale chez l’adolescent

Publié le 31 Juil 2007

Dr Odile Biechler

Vignette Prise de risque et immaturité cérébrale chez l’adolescent
Par rapport aux autres tranches d’âge, l’adolescence est perçue comme une période de forte impulsivité et de conduites à risque, comportements qui sont associés à une augmentation des suicides, de la toxicomanie, de la séropositivité à VIH et des morts accidentelles. Les progrès de la neuro-imagerie montrent qu’il se produit aussi à cette époque une maturation de capacités neurobiologiques et cognitives essentielles. Voici les résultats d’une étude récente conçue pour évaluer les corrélations neurologiques avec les comportements à risque chez l’adolescent par rapport aux enfants et aux adultes, afin de déterminer les individus les plus fragiles sur ce plan.
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  Chez 40 sujets de 7 à 29 ans, l’activité des circuits neuronaux engendrée par la perspective d’une forte récompense a été mesurée par neuro-IRM fonctionnelle. Les participants remplissaient également un auto-questionnaire anonyme avec des échelles d’évaluation des conduites à risque, de la perception du risque et de l’impulsivité. Par rapport aux enfants et aux adultes, les données IRM chez l’adolescent ont montré une augmentation de l’activité du noyau accumbens en relation avec une activité préfrontale. Ce noyau appartient au striatum et il est impliqué entre autres dans les processus de récompense, donc dans le contrôle adaptatif du comportement. L’augmentation de l’activité du noyau accumbens constatée chez les adolescents paraissait induite par le décalage entre son stade de développement et celui du cortex orbito-frontal. En fait, l’activité du noyau accumbens chez les adolescents ressemblait à celle des adultes en terme d’étendue et de sensibilité à l’importance de la récompense, mais son amplitude était exagérée. A l’inverse, l’étendue de l’activité du cortex orbitofrontal ressemblait davantage à celle des enfants, avec moins de foyers d’activité que chez l’adulte. De plus, il existait une association positive entre l’activité du noyau accumbens et la probabilité de présenter des comportements à risque au cours du développement. Ces données suggèrent que pendant leur maturation les structures sous-corticales sont activées de façon disproportionnée du fait d’une maturation plus tardive des systèmes de régulation descendants, poussant les adolescents vers des comportements gagnants à court terme plutôt qu’à long terme. Certains jeunes peuvent être particulièrement enclins aux conduites à risque du fait de la survenue de ces modifications développementales sur une prédisposition individuelle particulière.

 

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